
Les compétences du Commonwealth au service de son propre développement
On parle peu, et l'on connaît donc mal, le rôle joué par le Commonwealth dans le progrès social et économique de ses Etats membres. Depuis plus de 25 ans pourtant, le CFTC (Fonds du Commonwealth pour la coopération technique) a largement soutenu les efforts des pays membres en développement afin d'accélérer le rythme de leur croissance économique.
L'approche du Commonwealth en matière d'assistance au développement repose sur sa reconnaissance de l'homme en tant que ressource principale. Il fournit donc, à court terme, les compétences techniques manquantes ou insuffisantes afin de permettre aux gouvernements concernés de pourvoir à des postes clés dans des domaines aussi divers que les exportations et la promotion industrielle, les services juridiques et économiques de haut niveau, etc.; et, à plus long terme, il assure tout un éventail de programmes de formation dans les secteurs considérés comme les piliers du développement économique.
Le Fonds du Commonwealth pour la coopération technique est financé par une contribution volontaire des gouvernements membres, lesquels en sont également, comme nous venons de le dire, les bénéficiaires éventuels selon leurs besoins et leurs priorités. Pionnier en matière de coopération technique entre pays en développement, le Fonds y recrute ses experts et favorise la coopération Nord-Sud. On peut voir ainsi des ressortissants ouest-africains remplir, sur la base d'un contrat de courte durée, des fonctions de cadre juridique dans de lointaines îles du Pacifique, ou des Sri Lankais ou Indiens enseigner de nouvelles techniques agricoles en Afrique. Le Fonds est géré par quatre départements distincts au sein du Secrétariat du Commonwealth : le département chargé de la gestion et de la formation ; le département chargé de l'assistance technique générale ; le département pour la promotion des exportations et de l'industrie ; et le département de consultance économique et juridique. En 1994-1995, les ressources financières du CFTC ont été de l'ordre de 23,6 millions de livres Sterling (30 millions d'écu).
Près du tiers du budget du Fonds est affecté au développement des ressources humaines en vue de rehausser les qualifications au travers d'ateliers de formation, de visites d'étude et de stages individuels.
Quatre mille bourses ont été octroyées au cours de la période 1993-1995 aux fins de l'amélioration des aptitudes techniques. Elles ont été attribuées à des cadres moyens et supérieurs ayant des responsabilités techniques et administratives qui ont eu l'occasion d'étudier dans les meilleurs établissements éducatifs du Commonwealth ou d'effectuer des stages professionnels (la formation se déroule à 63 % dans des pays moins développés).
Le Fonds permet également à des universités ou autres établissements de devenir des centres d'excellence et de valoriser leur enseignement par la nomination d'experts académiques et techniques. En 1993-1995, par exemple, il a aidé cinq universités d'Afrique et des Caraïbes à dispenser des cours du 2ème cycle en collaboration avec d'autres universités du Commonwealth.
Etant donné que le CFTC ne parvient généralement à répondre qu'à 60 % des demandes de formation spécialisée qui lui sont adressées, ses programmes sont organisés à l'échelon régional ou de l'ensemble du Commonwealth afin d'en optimiser l'impact, en particulier lorsqu'il s'agit de thèmes tels que la réforme administrative, la gestion financière et la planification stratégique.
Les priorités du Fonds en matière de formation s'établissent comme suit:
La pénurie de qualications est l'un des principaux obstacles auxquels se heurtent les pays cherchant à relever le niveau de vie de leurs citoyens. Aussi le détachement d'experts représente-t-il un tiers environ du budget du CFTC.
Par le caractère relativement limité et soigneusement ciblé de son assistance, le CFTC évite le gaspillage inhérent aux projets à grande échelle et à une mauvaise planification technique. Au cours de la période 1993-1995, le coût d'un expert-type à long terme et d'un projet moyen a été de l'ordre de £50.000 (62.000 écu) par an. Les experts peuvent être sur place dans les trois à quatre semaines qui suivent l'approbation du projet.
Pendant cette même période, plus de 200 experts ont effectué des missions à long et moyen terme dans 43 pays en développement du Commonwealth, 6 territoires dépendants et 18 organisations régionales. Les spécialités demandées sont extrêmement variées puisqu'elles vont de l'hydrographie et l'agro-foresterie au tourisme en passant par les affaires juridiques, la santé, l'organisation sociale et l'informatique.
La mission des experts à court terme peut durer de quelques jours à six mois. Ils ont un rôle consultatif et aident les gouvernements à mettre en place de nouveaux systèmes ou de nouvelles technologies. Les experts à long terme restent sur place de six mois à deux ans, et certains mêmes pendant quatre ans. Ils participent à l'élaboration et la mise en oeuvre de politiques, ou assurent les capacités de gestion ainsi que la formation du personnel homologue appelé à les remplacer en temps voulu. Certains experts à long terme sont des formateurs dans des domaines spécialisés.
Le CFTC tient à désigner des experts féminins : celles-ci ont représenté 13 % des effectifs envoyés sur le terrain entre 1993 et 1995. On a compté parmi elles une consultante anesthésiste au Ghana, une économiste agricole au Mozambique, une spécialiste de l'information à la Barbade, une responsable de la promotion de la pêche en Papouasie-Nouvelle Guinée et une juriste spécialisée dans les questions d'environnement aux Seychelles.
Un programme permettant à des volontaires suffisamment qualifiés et expérimentés de se présenter comme experts pour des missions de courte durée (3 mois maximum) a été lancé vers le milieu de 1995. Il s'appuie sur des experts du Commonwealth désireux d'offrir leurs services à titre bénévole aux pays en développement.
Soucieux de venir en aide aux petites entreprises, le CFTC axe ses efforts sur ceux qui les gèrent et sur la recherche de nouveaux talents. L'assistance va essentiellement aux petits pays, en particulier dans le Pacifique. Le programme se déroule en trois phases : premièrement, des "études d'opportunité" visant à l'identification des chefs d'entreprise valables, des possibilités d'investissement, du potentiel d'expansion et des problèmes particuliers ; deuxièmement, "les séminaires sur le développement de l'esprit d'entreprise" qui aident les propriétaires et exploitants d'entreprises à penser de manière plus créative, à être plus attentifs aux opportunités qui se présentent, et à agir de manière stratégique lorsqu'ils envisagent une expansion ; et, troisièmement, les "cliniques d'entreprise" offrant des conseils personnalisés au chef d'entreprise sur le lieu même de son exploitation. L'utilité de ce soutien individualisé a été démontrée : les chefs d'entreprise deviennent plus rentables et plus compétitifs et s'adaptent dès lors aux évolutions de l'économie mondiale.
C'est au CFTC que revient l'initiative des programmes Contact-Promotion et des rencontres entre acheteurs et vendeurs (Buyer- Seller Meets) en vue de venir en aide aux petits exportateurs. Ces forums permettent aux délégués de sociétés généralement situées dans de petits pays du Commonwealth de présenter leurs produits et de rencontrer d'éventuels acheteurs d'autres pays. Les consultants du CFTC programment ces activités bien à l'avance en établissant une sélection de fabricants susceptibles d'avoir un succès commercial, en déterminant les marchés étrangers éventuellement intéressés et en apportant des conseils pour l'amélioration de la conception de certains produits. Une formation est parfois organisée à l'intention des exportateurs et du personnel des usines.
Le CFTC finance un programme spécial de développement des exportations destiné aux chefs d'entreprise féminins. Ce programme comprend des études nationales approfondies concernant les femmes exerçant leur activité dans l'exportation et la promotion des ventes à l'étranger. Des études de ce type ont été récemment effectuées à Chypre, au Sri Lanka et en Zambie.
Le programme aide les femmes à adapter leur artisanat à l'exportation, à améliorer leurs techniques de fabrication et à entreprendre des missions commerciales à l'étranger. Une formation leur est également proposée en matière de marketing des exportations, de développement- produit, de calcul des coûts et de tarification. Une réorientation de la politique officielle est parfois recommandée. On estime que l'aide apportée aux femmes ghanéennes en 1994 pour l'expansion des débouchés commerciaux de leurs vanneries et autres produits artisanaux a permis de générer des ventes d'une valeur de 3,1 millions US$.
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