
LIVRE VERT
page EUFORIC
page DG VIII
Réactions au livre vert
Chapitre I. Prendre la mesure des changements mondiaux qui affectent la relation UE-ACP
Chapitre II. L'expérience de la coopération UE-ACP
Chapitre IV. Vers un nouveau partenariat
Chapitre V. Options pour une nouvelle politique de coopération de l'UE vis-à-vis des pays ACP
Chapitre VI. Options pour une nouvelle pratique de la coopération technique et financière
La coopération entre l'Union européenne et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique remonte aux origines de la Communauté. La convention de Lomé, qui organise depuis 1975 les relations commerciales et les relations d'aide au développement entre l'UE et soixante-dix Etats ACP, constitue l'un des volets les plus significatifs de l'action extérieure de l'Union. Cet accord expire le 29 février 2000, et les négociations entre les Parties contractantes devront être entamées dix-huit mois avant cette échéance, c'est-à-dire en septembre 1998. Compte tenu des changements importants qui sont intervenus au cours des vingt dernières années, le moment est venu de réfléchir à l'avenir de la relation UE-ACP dans une perspective nouvelle.
Le contexte mondial s'est fondamentalement transformé. De nouveaux défis surgissent et de nouvelles motivations animent désormais nos partenaires et l'UE elle-même.
Dans un monde devenu multipolaire, l'Union doit assurer sa présence dans toutes les régions. Elle s'efforce de développer son identité extérieure à travers une politique extérieure et de sécurité commune plus effective et plus globale, une politique de coopération au développement efficace et différenciée, une politique commerciale multilatérale oeuvrant en faveur de l'ouverture des marchés et du respect de règles communes négociées.
Dans les pays ACP, les conditions de vie se sont certes sensiblement améliorées, en termes de santé, d'éducation, d'accès aux services essentiels. Mais la situation demeure globalement critique: sur cinquante PMA, ou "pays les moins avancés", quarante et un se trouvent dans la zone ACP; leur participation aux échanges internationaux reste marginale; et les perspectives en matière de pauvreté y sont particulièrement préoccupantes.
La marginalisation économique s'accompagne dans certains pays ACP d'une désintégration sociale, d'une montée de la violence et d'une multiplication des conflits armés, qui entraînent souvent des désastres humanitaires, défiant les politiques de développement et détournant les efforts de la communauté internationale vers des actions d'urgence et de gestion des crises.
D'autres pays par contre, heureusement de plus en plus nombreux, ont développé des capacités politiques et économiques qui leur ouvrent de nouvelles possibilités dans leurs relations avec leurs partenaires extérieurs, notamment européens.
L'Union doit être en mesure de faire face à ces situations multiples, non seulement parce que la solidarité, en particulier avec les plus pauvres, fait partie intégrante de son identité, mais aussi parce qu'elle a des intérêts objectifs à court, moyen et long terme, qui exigent une capacité d'action et d'anticipation, dans le cadre d'un partenariat franc et dynamique. L'"après-Lomé" relève d'un choix fondamentalement politique, et le futur partenariat devra être à la hauteur des préoccupations nouvelles des Européens et des attentes des populations des ACP. Le soutien des opinions publiques à la poursuite d'une politique active de développement par l'UE est beaucoup plus fort qu'on ne veut généralement le croire. Ce qui est vrai en revanche, c'est que l'opinion manifeste une exigence d'efficacité à laquelle nous devons absolument nous ranger. Cette exigence d'efficacité explique le soin particulier apporté par le Livre Vert à l'examen des objectifs et des modalités de mise en oeuvre de la coopération.
Dans ce nouvel environnement, tenant compte des leçons à tirer de l'expérience acquise par la Communauté au cours de près de vingt-cinq années de "Partenariat Lomé", la Commission a estimé que les échéances institutionnelles prochaines qui concernent la coopération UE-ACP fournissaient l'occasion de procéder à une réflexion approfondie et de lancer un débat ouvert et concret sur l'avenir de cette relation.
Le Livre Vert répond à ces préoccupations. Il se compose d'une synthèse des principaux thèmes de discussion et d'un document d'analyse organisé en deux parties: la première partie porte sur l'évaluation du passé et les grandes tendances politiques, économiques et sociales; la deuxième partie présente des pistes et des options pour revitaliser le partenariat UE-ACP, et lui redonner la pertinence et l'efficacité nécessaires pour affronter les défis du 21ème siècle. Il ne s'agit pas de faire table rase du passé: un certain nombre d'orientations, d'objectifs et de politiques devront être confirmées et renforcées, à partir d'une analyse objective des difficultés mais aussi des réussites de la "coopération Lomé". L'Union a des atouts à faire valoir. Son approche globale, la détermination de son engagement au service de politiques sectorielles, sa forte présence sur le terrain, sa capacité d'impulser certaines politiques ou d'influencer certains processus - comme l'illustrent ses propositions pour une nouvelle approche de la conditionnalité - témoignent de son souci constant d'améliorer l'impact global de la coopération.
Le souci premier de l'Union doit être d'aider les populations pauvres à s'intégrer dans la vie économique et sociale et d'aider les pays ACP à s'intégrer dans l'économie mondiale. Dans cette perspective notre cadre de coopération doit pouvoir s'ouvrir à de nouveaux domaines de coopération et à de nouveaux acteurs, émanant de la société civile et notamment du secteur privé.
Le Livre Vert a pour but de nourrir la réflexion, de susciter un large débat et de préparer le dialogue entre les partenaires concernés par l'expiration de la Convention de Lomé. Il s'adresse à tous les acteurs du développement. Il ne formule pas de proposition formelle, et l'inventaire des options présentées ne préjuge pas les propositions que pourra faire la Commission en temps voulu. Il s'inscrit dans un processus de réflexion et de discussion, qui a déjà donné lieu à divers séminaires, rencontres et publications.
Ce débat conduira la Commission, le moment venu, à définir des propositions pour un nouveau partenariat, dans une communication au Conseil proposant un mandat de négociation.
Notre objectif est clair: revitaliser la relation entre l'Union européenne et les pays ACP, lui donner de nouvelles ambitions et des chances accrues de succès. Dans la relation UE-ACP, continue de se jouer un élément essentiel de l'identité de l'Union européenne. La phase post-coloniale s'achève, mais la responsabilité spécifique à l'égard des pays ACP demeure, pour des raisons profondes que le Livre Vert met en évidence. Au seuil du 21ème siècle, les ACP réunissent, pour la première fois peut-être, des chances prometteuses de développement; mais en même temps l'autonomie et la solidité des structures de gouvernement sont mises à rude épreuve. Ce n'est pas le moment de relâcher l'effort, ni la qualité de notre partenariat: il faut au contraire en rehausser l'exigence politique, au sens le plus noble du terme.
Professeur J. de Deus Pinheiro
Ces pages ont été développées à l'aide du programme Netscape. Veuillez adresser vos observations à Peter Ballantyne, ECDPM